Côté Urba

CÔTÉ URBA

Habiter un Rubixhome, c’est choisir le « vivre en ville » économe en transports individuels et émission de gaz à effet de serre, tout en gardant une part de nature.
C’est participer à la construction d’une ville intelligente et généreuse…


Densification vs étalement urbain

debonne-Pour accompagner la croissance démographique et accueillir les nouvelles populations, il faut « Densifier, construire la ville sur la ville ». Cette tendance nouvelle est guidée par la nécessité de freiner l’envahissement des campagnes (en particulier des zones agricoles) et les flux de déplacements engendrés par un éloignement exponentiel des lieux de résidence par rapport aux lieux d’activité.

Mais ce postulat est souvent mal vécu par des citadins qui redoutent de voir pousser des immeubles devant leurs fenêtres, et par tout ceux qui n’envisagent ces nouvelles implantations citadines que sous l’angle d’un « bétonnage » déshumanisé.

Pourtant, même dans la ville, on peut rêver à de nouveaux ilots, de nouvelles formes urbaines qui parviendraient à remplir leur rôle d’accueil de nouveaux résidents, tout en donnant les clés d’un nouvel art de vivre, en harmonie avec la nature et avec le voisinage…

Film

CAUE de l’Isère : un film pour mieux comprendre la densité

La notion même de « densité » déclenche souvent des réactions hostiles, liées sans doute au souvenir diffus d’expériences « d’urbanisation intensive » dont les effets pervers sont souvent dénoncés aujourd’hui.

Face à ces réticences spontanées, de nombreuses communes, mais aussi des associations d’habitants ou des groupes de professionnels, ont interrogé le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) pour les aider à accompagner la programmation de leur PLU (Plan Local d’Urbanisme) en déployant des méthodes et des outils pédagogiques propres à combattre les idées reçues et à favoriser la participation des habitants aux projets de développement de leurs quartiers. C’est ainsi qu’est né le film « DENSE CITÉ », en complément des dispositifs de concertation des riverains.

Après avoir mis en lumière les mécanismes de « décohabitation» à l’origine de l’augmentation exponentielle des besoins en logements nouveaux, après avoir évoqué les effets néfastes d’un étalement urbain incontrôlé sur la consommation des terres agricoles, après avoir rappelé qu’en tout état de cause « la ville se reconstruit sur elle-même depuis l’antiquité » le film « DENSE CITÉ » tente d’ouvrir quelques pistes de réflexion sur les principes d’un développement urbain harmonieux, intelligent, et soucieux de l’intérêt des générations futures.

Témoignages

Le siècle des « hypercités »

En 2007, l’humanité connaît un événement majeur de son histoire : à l’échelle mondiale, la population urbaine est pour la première fois aussi nombreuse que la population rurale.

Le franchissement de ce cap est d’autant plus notable si l’on considère qu’il y a deux cents ans, moins de 3 % de la population mondiale totale résidait dans des villes.

Si le XXe siècle se caractérisait par un mitage accéléré autour des villes et par l’apparition de mégalopoles, il est possible que le XXIe siècle soit considéré comme le siècle des « hypercités », d’énormes conurbations de plus de 20 millions d’habitants. Ces grandes agglomérations grignotent progressivement les zones rurales et les villes qui les entourent.

Les grandes villes comptent non seulement en raison de leur taille, mais aussi parce que leur échelle crée une complexité nouvelle, ainsi que des dynamiques et des interactions multiples entre les différents processus démographiques, sociaux, politiques, économiques et écologiques


Densifier et préserver des espaces naturels

Qu’est-ce que vivre en ville ? C’est bénéficier d’un réseau de transports performants, avoir accès à des commerces de proximité et des services, profiter tout à la fois d’une intimité et d’espaces publics conviviaux. Il faut densifier tout en préservant des espaces naturels.
En cinquante ans, la population de la France métropolitaine s’est accrue de 17,2 millions d’habitants, soit près de 40 %. Dans le même temps, le nombre de ménages a presque doublé, passant de 14,6 millions à 27 millions.
Pour se loger, les ménages doivent dorénavant faire un choix, plus ou moins contraint, entre le coût de leur trajet domicile-travail et le coût de leur logement. Vivre en centre-ville permet certes de limiter le budget et le temps liés aux déplacements, mais cela coûte souvent cher.
Trop cher.
Depuis des années, de plus en plus de familles se sont installées à la périphérie des villes. L’espace des grandes aires urbaines s’est fortement étendu, et on construit plus de logements dans les périphéries que dans les centres-villes. Au point que l’espace périurbain englobe à présent plus du tiers du territoire métropolitain et presque un quart de la population.


Faire aimer la densité

Le terme de densité est sans doute, pour un politique et pour un maire, le substantif avec lequel il est le plus mal à l’aise. Et pourtant ! La ville, celle qu’on aime, est synonyme de densité car elle permet la diversité, la variété, la rencontre et l’éclosion des projets personnels ou professionnels.

La densification est acceptable à deux conditions majeures :
La première porte sur l’usage de la ville. La densification est possible si le bon usage de la ville est garanti. Ce bon usage, nous le connaissons tous. Il tient à la variété et à la diversité urbaine, traduite souvent par le terme de mixité (sociale et/ou fonctionnelle), terme si galvaudé et si incantatoire lui aussi qu’il serait bon de cesser de l’utiliser à tout-va. Mais aussi à l’accessibilité, et notamment à l’accessibilité en transports en commun. Et enfin, bien entendu, à la proximité — des équipements culturels, éducatifs, sportifs ou de loisirs, et au temps plus qu’à la distance nécessaire pour s’y rendre.

Mais, pour être acceptable, et c’est la seconde condition, la densité suppose que soit garantie la qualité d’usage du logement. La densité est parfaitement acceptable dès lors que l’intimité à l’intérieur du logement est protégée. L’intimité implique de n’être ni vu ni entendu de son voisin, ou du moins dans des proportions acceptables. La qualité d’usage d’un logement dépend aussi de l’adéquation entre le logement et son occupant, qui passe par une réponse sur mesure et suppose une nouvelle approche de la part des promoteurs, des bailleurs comme des architectes.

Il faut faire aimer la densité et, pour la faire aimer, il faut qu’elle soit aimable. Et pour cela, il faut rendre les espaces publics aimables comme il faut rendre le logement aimable.
S’agissant de logements, la question est plus difficile. À quelles conditions aime-t-on son logement ? L’aspiration à la nature et au soleil est connue. Pourquoi continuer à réaliser des logements dont le balcon interdit de mettre une table et quatre chaises? Pourquoi ne pas dissocier terrasse et appartement et permettre ainsi à chacun de disposer en hauteur d’une terrasse où recevoir ses amis.

Les revenus des jeunes actifs célibataires sont souvent faibles. Pourquoi ne pas développer massivement la colocation, avec des appartements adaptés ? Les appartements sont petits. Pourquoi ne pas développer, comme en Allemagne, les chambres d’amis mutualisées ou les grandes cuisines louables pour y recevoir familles et amis ? La liste serait longue et il est désolant de voir le manque d’audace dont nous faisons preuve.

 

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(Source : www.constructif.fr)
Laboratoire d’idées, Constructif ouvre aux chercheurs, aux experts et aux acteurs de terrain une tribune pour s’exprimer sur les grandes questions de société. Vigie du monde du Bâtiment, Constructif scrute les mutations en cours et à venir dans le champ économique et social pour contribuer à l’élaboration de stratégies à moyen et long termes.

Statistiques

Territoires et mobilité

L’exode rural des années « industrielles » a vidé les campagnes au profit des villes. Puis l’envie de campagne (nostalgie ?) associée aux moindres coûts du foncier a inversé la tendance, éloignant de plus en plus les lieux d’habitation des lieux de travail restés concentrés dans les pôles urbains… Le temps et les distances consacrés à ces déplacements dits « pendulaires » entre domicile et lieux de travail ont un impact sur l’environnement, qui pousse les urbanistes à imaginer de nouvelles voies : télétravail, « verdissement » des villes… De nombreuses solutions restent à réinventer.

Occupation du territoire et mobilités : une typologie des aires urbaines et du rural

Dossier réalisé par Mélanie Bigard, Éric Durieux, Insee

Plus de 75 % de la population de France métropolitaine vit dans l’une de ses 354 aires urbaines, que ce soit en centre ville ou dans un espace directement sous son influence. L’analyse conjointe des mobilités résidentielles, des déplacements pendulaires et de l’accès aux équipements fait ressortir quatre schémas de développement des espaces urbains.

Dans les plus grandes aires urbaines, le phénomène de périurbanisation est très sensible mais sans allongement des trajets domicile-travail, grâce à l’émergence de pôles d’emploi en périphérie.

Dans les aires de taille moyenne, l’éloignement des centres-villes est modéré par un resserrement du rural vers le périurbain.

Les petites aires urbaines jouent le rôle de pôle rural, concentrant les emplois et les équipements en leur centre.

Certaines aires urbaines sont elles-mêmes sous influence d’autres aires urbaines, comme satellite d’un grand pôle ou comme partie d’un réseau sans pôle principal.

Le rural se caractérise par deux classes extrêmes :
– Le rural sous influence urbaine, où les résidents vont chercher l’emploi et les équipements dans l’aire urbaine la plus proche ;
– Le rural isolé, au sein de régions montagneuses, où l’emploi se trouve généralement proche du domicile mais où l’accès aux équipements demeure compliqué avec des temps de trajet importants.

Historique :

En France, jusque dans les années 1960, l’exode rural vide les campagnes et permet aux communes formant les actuels pôles urbains de se développer plus rapidement que toutes les autres composantes du territoire métropolitain.

À partir des années 1960, les villes commencent à s’étendre et à se diluer, c’est-à-dire à se développer vers leur périphérie (phénomène de périurbanisation) tout en voyant leurs surfaces artificialisées augmenter. Ce sont alors les communes des couronnes périurbaines qui connaissent la croissance la plus vive, grâce au phénomène de desserrement urbain.

Ainsi la croissance de la population française entre 1962 et 2006 (figure 1), qui s’élève à près de 32 %, ne s’est pas réalisée uniformément sur l’ensemble du territoire. En effet, elle est très rapide dans les banlieues et couronnes périurbaines (respectivement + 60 % et + 50 %, soit + 1,1 % et + 0,9 % en moyenne annuelle), mais plus contrastée dans les villes-centres des pôles urbains (+ 8 % sur la période). Dans le même temps les espaces ruraux enregistrent une hausse légère (+ 0,5 % sur la période). Néanmoins, ce phénomène de périurbanisation n’est pas uniforme durant toute la période et connaît son apogée entre 1975 et 1990 (+ 1,9 % par an entre 1975 et 1982, + 1,5 % entre 1982 et 1990) pour nettement ralentir ensuite. Aujourd’hui, 75 % de la population de France métropolitaine vit dans une de ses 354 aires urbaines.

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Télécharger tout le dossier (10 pages) : Dossier complet de l’INSEE


Densité

Perception de la densité et des formes d’habitat

Désir d’intimité et de vivre ensemble : le couple impossible ?

Si on affine les motivations, on se rend compte que pour le plus grand nombre il s’agit bien plus de bénéficier des qualités d’espace, de lumière, d’accès à la nature qui sont autant de traits types associés à la maison. Toutefois, s’exprime également une forte demande de services urbains, de proximité et de mouvement qui caractérisent plutôt le tissu urbain dense. D’une façon générale, on constate donc un désir paradoxal d’intimité et de vivre ensemble qui interroge plus qu’elle ne disqualifie les densités urbaines.

Représentations négatives de la densité

Spontanément et en premier, la densité génère des représentations négatives qui se déclinent en nuisances (35% des citations) : nuisances sur la qualité de vie (22% des citations) avec un espace de vie restreint, l’insécurité, la peur, la solitude et l’anonymat auxquelles renvoient la foule ; nuisance sur la santé (5% des citations), en termes de fatigue, stress ; nuisance sur l’environnement (2% des citations), la densité générant trafic et pollution. L’appréhension objective de la notion n’est pourtant pas absente, la densité humaine et les tentatives de définition objective de la densité représentant chacune 22% et 21% des réponses. Viennent ensuite une évocation des formes d’habitat (14%) et de l’organisation de l’espace (4%).

D’une façon générale, les nuisances de la densité sont fortement représentées parmi les classes aisées (45% de citations), les cadres et professions intellectuelles (40%) et les diplômés de l’enseignement supérieur (44%).

Au final, près de deux tiers des Français (65%) pensent que la densité est quelque chose de négatif, dont 17% déclarent qu’elle est quelque chose de très négatif. Cette perception est homogène, bien qu’également surreprésentée parmi les classes aisées (74% des répondants).

Partir pour … un logement plus vert et plus grand

Ce qui motiverait les Français à quitter leur logement actuel serait un jardin (23% des citations), une pièce en plus (22%) ou une vue agréable et dégagée (19%).
Viennent ensuite un meilleur accès aux commerces et aux loisirs (13% des citations), un environnement moins bruyant (9%), un meilleur accès aux transports en commun (8%), un parking, un garage (7%) et à des niveaux de citations moindres des voisins qui leur ressemblent (5%), un environnement plus sûr (4%), une cave et une meilleure luminosité (3%).

D’une façon générale, ce sont donc l’environnement privatif ou immédiat et un gain de place significatif à l’intérieur du logement qui pourraient motiver un départ.
La hiérarchie n’est cependant pas homogène et varie fortement en fonction du lieu d’habitat, du type d’habitation occupé mais également de l’âge et de la taille du foyer. C’est très logiquement les foyers de plus de quatre personnes et les jeunes familles retiennent en premier la pièce en plus (34% et 41% des citations), devant le jardin (respectivement 26% et 36% de citations).

Un meilleur accès aux commerces et aux transports arrive au contraire en tête des citations lorsque l’on vit dans des espaces ruraux sous influence urbaine ou dans une agglomération de moins de 2000 habitants (25% des citations) et a fortiori dans une maison isolée (25%).
D’une façon générale, le jardin manque aux Français qui n’en ont pas, et les commerces et transports à ceux qui en sont éloignés !

Globalement, c’est la fréquence du besoin et l’importance perçue de la facilité d’accès à la structure ou au service qui déterminent la distance souhaitée.
Par ailleurs, on le constate, la maison isolée qui remporte tant de suffrages et semble figurer l’habitat idéal d’un Français sur deux doit être entourée d’écoles, de modes de garde, de commerces, de médecins, … Autant de services et structures dont la présence est favorisée par un tissu urbain dense.

Un besoin d’individuel, donc, tout relatif.